La sialodacryoadenite virale

Coronavirus

La sialodacryo-adénite (SAD) est une maladie touchant les rats et dans une moindre mesure les souris. Elle est due à un petit virus appartenant à la famille des Coronavirus. Elle est assez fréquente chez les populations de rats et touche principalement les jeunes au sevrage, les rats âgés ou les rats immunodéprimés (dont les défenses immunitaires sont faibles). Cette maladie est très contagieuse et peut déclencher de véritables épidémies dans les élevages avec mort des plus jeunes notamment.

 

Contamination

La transmission du virus s'effectue principalement par un contact étroit entre un rat contaminé et un rat sain, notamment par des aérosols contaminés libérés lors d'éternuements et par les fèces. Toutefois, des études montrent que la transmission peut également s'effectuer par l'intermédiaire de la litière souillée par un rat contaminé (malade ou non) et par nous... En effet, après avoir touché un rat porteur du virus, celui-ci peut rester quelques heures sur notre peau et nous pouvons alors contaminé un rat sain par une simple caresse.
Les rats malades ayant guéri de cette infection ne sont pas protégés contre la maladie indéfiniment. Parfois, ils peuvent se réinfecter sans présenter les signes cliniques typiques et rester contaminant pour les autres rats...

Tableau clinique

Les rats contaminés présentent dans un premier temps, généralement deux à trois jours après l'infection, un court épisode de rhinite associée à un écoulement transparent au niveau des narines. Des éternuements sont fréquemment associés.

A partir de 6 à 8 jours après l'infection, des signes plus spécifiques apparaissent, notamment des signes oculaires :
* un blépharospasme (yeux fermés);
* une photophobie : douleur liée à la lumière. C'est un peu comme lorsque l'on essaie de regarder une lumière trop vive après que l'on se soit réveillé... Les rats cherchent donc à rester dans des endroits sombres (cachettes...) et sortent rarement;
* une chromodacryorrhée : les larmes sont colorées en rouge à cause de pigments secrétés par les glandes de Harder, situées en arrière de chaque oeil. D'ailleurs, on peut croire qu'il s'agit de larmes de sang. Ces larmes deviennent en séchant des petites croûtes rougeâtres à brunes aux coins des yeux et des narines. Les membres antérieurs et le chanfrein peuvent également se colorer à cause de la toilette qui étale les pigments rouges;
* une kérato-conjonctivite : la surface de l'oeil (= la cornée) se dessèche et souffre (elle perd son aspect brillant et transparent) et les paupières sont rouges;
* une exophtalmie : les yeux donnent l'impression de sortir de la tête. Ceci est en partie vrai car ils sont en fait "poussés en avant" par les glandes lacrymales dont les glandes de Harder qui, enflammées, ont grossi.
Associés à des signes ophtalmologiques, on observe de façon assez spécifique une modification de l'aspect de la tête qui devient semblable à une tête d'hippopotame. En effet, le virus va se cacher pour se multiplier dans les glandes salivaires, les glandes lacrymales et les ganglions du cou (noeuds lymphatiques sous mandibulaires). Ainsi, ces structures s'enflamment et augmentent de volume, devenant comme des petites billes que l'on peut palper sur les joues et au niveau du cou.

Enfin, des symptômes généraux sont présents :
* une fièvre, réponse de l'organisme face à l'invasion virale,
* un abattement (fatigue voire prostration),
* une dysorexie voire une anorexie, qui s'expliquent par la fièvre, la diminution de l'odorat due à la rhinite et la douleur lors de la mastication secondaire à l'inflammation et au gonflement des ganglions cervicaux et des glandes lacrymales et salivaires.
Ce sont ces symptômes généraux qui sont les plus graves et mettent directement en danger la vie de nos rats...
A ces symptômes majeurs, s'ajoutent des troubles de la reproduction avec une augmentation des avortements, des morts-nés et du taux de mortalité post-natale à cause d'un comportement maternel altéré.

Les signes cliniques ne durent généralement que quelques jours. Si les rats continuent à s'alimenter et à boire et qu'il n'y a pas de complication, le taux de guérison avoisine les 100 %.
Toutefois, les complications sont possibles dans un certain nombre de cas.
* Si les animaux sont déjà immunodéprimés ou déjà atteint d'une maladie concomitante (telle que la mycoplasmose), ils peuvent rester malade plus longtemps ou déclencher les symptômes de l'autre maladie qui était jusqu'alors silencieuse (asymptomatique).
* Si les lésions oculaires sont sévères et non traitées, des séquelles peuvent survenir comme la persistance d'une kérato-conjonctivite qui peut évoluer en une dégénérescence de la cornée avec une perte de la vision.
Pour lutter contre ces complications et donner toutes les chances à nos rats atteints du SAD-V, plusieurs mesures sont à mettre à oeuvre.

Traitement, Nursing

Le nursing est aussi important que le traitement lui-même...

Nursing : il faut s'assurer que le rat s'alimente et s'abreuve suffisamment. Pour cela, apporter lui des petits pots pour bébé (légumes en alternance avec légumes-viande), des compotes, des yaourts, du lait de soja nature à raison de 1 cuillère à café trois fois par jours pour un rat adulte. Ces aliments sont très appétant, plein de vitamines et mous (donc faciles à laper malgré la douleur). L'eau peut être proposée régulièrement au biberon ou dans une écuelle. De plus, utilisez une litière non poussiéreuse et une hygiène irréprochable pour ne pas accentuer l'inflammation des muqueuses nasales et oculaires (un T-shirt à la place de la litière durant la convalescence.

Traitement. Il consiste à administrer des médicaments analgésiques et antibiotiques pour éviter les complications bactériennes. Ces médicaments, prescrits par votre vétérinaire sous forme buvable, sont mélangés avec les aliments pour ne pas lutter avec les rats.
De plus, des larmes artificielles (voire antibiotiques) assurent la lubrification des yeux et permet de les nettoyer régulièrement.

Prévention

Il s'agit en premier lieu d'effectuer une quarantaine des nouveaux rats introduits dans l'élevage ou auprès de vos compagnons. Elle doit être systématique et durer deux semaines. Le stress du changement d'habitat peut suffire à révéler une maladie qui était silencieuse à l'achat... La quarantaine s'effectue dans une pièce spéciale. La seconde est d'avoir une hygiène de base, c'est-à-dire se laver les mains après avoir manipulé des rats ou avoir changé de litière et ne pas changer les rats de cage sans avoir changé et désinfecté la cage ou préalable.
Si quelques mesures simples permettent d'éviter une épidémie, pourquoi s'en privé ?

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